L'ORTEJ organise le 12 novembre une journée d'échanges pour les communes qui sont restées à 4.5 jours. Contactez no… https://t.co/Crig8mm1NW
21/09 à 11:18  - Rafraichir - Répondre

Les thématiques de l’ORTEJ

  • Conciliation des temps de vie

    Comment concilier les temps de vie des enfants, des familles, des professionnels de l’éducation en visant le bien-être de tous et le développement optimal des enfants ?

    Éducation et développement de l’enfant

    Quels sont les dispositifs éducatifs et les initiatives les plus adaptées à la prise en compte des rythmes biologiques et psychologiques dans le développement de l’enfant ?

    Chronobiologie et chronopsychologie

    Comment les rythmes biologiques, psychologiques et sociaux influent sur l’action éducative ?
    Quelles sont les concepts, théories et travaux scientifiques sur les rythmes touchant d’autres enjeux ou populations et pouvant éclairer cette problématique ?

4 jours ou 4 jours et demi ? N’oubliez pas l’enfant !

Par Les membres du bureau

Si nous analysons comment les emplois du temps scolaires ont été conçus, nous constatons qu’ils ont principalement résulté des exigences politiques, religieuses et sociales de la société adulte. La mise en place de la coupure du mercredi, des vacances d’été, des vacances de février et de la semaine de 4 jours illustre cette démarche.

La coupure du mercredi ?
L’école française est la seule au monde à proposer une journée de congé en milieu de semaine. Cette coupure de la régularité de vie de l’enfant, aujourd’hui le mercredi, autrefois le jeudi, correspond au « prix » que Jules Ferry dut payer pour que l’école française soit laïque et que les enfants puissent participer au catéchisme en dehors de l’école.

Les vacances d’été ?
Elles n’ont absolument pas été créées pour « nantir » d’avantages supplémentaires les institutrices et instituteurs. Elles prennent toute leur ampleur après la grande Guerre de 14-18 afin de remplacer les adultes ruraux morts au « front » ou handicapés .

Les vacances de Février ?
Autrefois appelés « congés de mardi gras » d’une durée de 3 jours, elles sont portées à 9 jours et décalées d’une semaine, selon deux zones géographiques, à la suite des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968, puis rapidement sont réparties sur 3 zones. Le lobby du tourisme blanc était né.

La semaine des 4 jours ?
En 2008 suite à une décision ministérielle, 95% des écoles fonctionnent en semaine de 4 jours(1). En 2013, cet aménagement est écarté
Nous pensions, après la parution en 2010 du Rapport d’information de l’Assemblée Nationale sur les « rythmes scolaires » (1), adopté à l’unanimité et, à la suite des mesures prises en 2012 pour refonder l’école primaire, qu’enfin les emplois du temps scolaire seraient plus respectueux de l’enfant, de son développement et de ses rythmes comportementaux et biologiques. Ce fut le cas à partir de 2013, mais nous craignions que les mesures allant dans ce sens ne soient que passagères… et que l’on privilégie à nouveau les adultes.
La reconnaissance de la spécificité enfantine avait conduit les adultes à débattre des « rythmes scolaires ». Il fallait trouver en matière d’aménagement du temps scolaire le moins mauvais des compromis entre la satisfaction des besoins de l’élève et la réponse aux intérêts des adultes. Il s’agissait, d’une part, d’adapter les emplois du temps aux rythmes de vie des enfants et de favoriser ainsi la réussite scolaire, et, d’autre part, d’instaurer la complémentarité éducative. Les décideurs avaient entendu la communauté scientifique, notamment les chronobiologistes et les chronopsychologues. Que disaient ils ?(2)
- La réussite scolaire peut être atteinte et améliorée en plaçant l’enfant dans un environnement respectueux de ses rythmes de vie (3)
- Les résultats vérifiables et reproductibles des recherches scientifiques en chronobiologie et chronopsychologie montrent que trois rythmicités doivent être respectées en priorité : l’alternance régulière veille-sommeil, les variations journalières de la vigilance et de l’activité intellectuelle, les variations annuelles de moindre résistance. Ils indiquent que la semaine de 4 jours doit être bannie. (4,5)
- La semaine de 4 jours non seulement ne respecte pas les rythmes journaliers de l’activité psychologique et physiologique de l’élève, mais surtout, elle génère une baisse de la vigilance, voire des comportements d’inadaptation à l’école
- La semaine de 4 jours est propice à la disparition des heures d’enseignement d’éducation physique et sportive, d’éducation artistique (arts plastiques, musique) mais aussi des activités d’éveil (histoire, géographie, sciences)
- La semaine de 4 jours concentre les enseignements fondamentaux sans moment de respiration ni d’ouverture sur les apprentissages dits de sensibilité ou corporels. Situation particulièrement préjudiciable aux élèves en difficulté scolaire ou comportentale.
- la semaine de 4 jours sans une politique socioéducative périscolaire et extrascolaire d’accompagnement accentue et allonge les effets perturbateurs du week-end sur l’adaptation à la situation scolaire. Cela se traduit par une désynchronisation des rythmes biologiques et psychologiques journaliers les lundis et vendredi après-midi, désynchronisation source de fatigue, de mauvaises performances et de désintérêt. Il ne reste que le mardi et le jeudi pour profiter d’une pleine écoute des élèves et, par là même, les surcharger des disciplines dites fondamentales.
- Accorder une demi-journée supplémentaire de congé n’est nullement profitable à des enfants livrés à eux-mêmes en dehors de l’école. La libération du temps n’est pas synonyme d’épanouissement, d’éveil et d’intégration. La semaine de 4 jours creuse le fossé entre ceux qui bénéficient d’activités périscolaires et ceux qui n’en bénéficient pas.
Quels arguments objectifs plaident en faveur d’une semaine scolaire de quatre jours ? Aucun.
Il est dit que la semaine de 4 jours et demi :

  • A des Effets négatifs sur la vigilance et l’attention en classe : Faux voir (4,5,6,7)
  • N’a pas d’impacts positifs sur le comportement des enfants : Faux voir (4,5, 6, 7)
  • Est source de fatigue. Faux voir (6)
  • N’a pas d’impacts positifs sur le développement des compétences sportives et artistiques des élèves Faux voir enquête UNAF (8)
  • N’a pas d’effet positif particulier pour les écoles REP. Faux voir rapports recherches (6, 7) confirmant recherches 4, 5
  • Les nouvelles activités périscolaires n’ont pas d’intérêt : Faux voir enquête UNAF (8)
  • La majorité des parents sont contre la réforme : Faux voir rapport Arras (6)
  • Les animateurs des NAP ne sont pas perçus comme compétents : Faux voir enquête UNAF p.14 (8)
  • La réforme a créé peu d’emplois : Faux voir rapport Cartron (9) et AMF CNAF(10)

Alors qu’aucun argument objectif ne plaide en faveur d’une semaine scolaire de quatre jours, pourquoi proposer de nouveau, aujourd’hui, cet aménagement instaurant
l’irrégularité dans la vie de l’enfant ?
Deux principales raisons peuvent être invoquées.
- Les travaux scientifiques sont méconnus. Les adultes ignorent alors ou feignent d’ignorer que le retour à la semaine de 4 jours est préjudiciable aux enfants en général et plus particulièrement à ceux qui sont en difficulté, à leurs rythmes de vie, à leur comportement, à leur adaptation scolaire.
- C’est une solution démagogique, peu onéreuse et radicale pour satisfaire à la fois certains parents, enseignants et maires. L’économie primerait et l’enfant serait oublié. Quel dommage quand on souhaite la réussite éducative pour tous !
C’est la poursuite de l’originalité française dans l’élaboration des emplois du temps scolaires hebdomadaires : hier la coupure du jeudi, aujourd’hui la semaine des 4 jours !

1. Rapport Assemblée Nationale, Rapport d’information 3028, Quels Rythmes à l’Ecole, décembre 2012.
2. Leconte C. , Montagner H. ,Reinberg A. , Testu F. , Touitou Y. (1994), Semaine de 4 jours à l’école : le réquisitoirs des spécialistes des rythmes, Le Quotidien du Médecin, 5432.
3. Expertise collective , Rythmes de l’Enfant, de l’horloge biologique au rythmes scolaires, Inserm, 2001.
4. Testu F. (2008), Rythmes de vie et rythmes scolaires, aspects chronobiologiques et chronopsychologiques, Paris, Masson.
5. Testu F. (2015), Rythmes scolaires : de l’enfant à l’élève, Paris, Canopé.
6. Fotinos G . Testu.F Les impacts de l’aménagement du temps scolaire sur le climat de l’école et les rythmes de vie des enfants d’Arras (2016)
7. Rapport de l’évaluation des rythmes scolaires à la Guadeloupe
8. Enquête UNAF auprès des familles sur la réforme des rythmes scolaires
9. Rapport Cartron
10. Enquête AMF CNAF

Twitter @ObsORTEJ

Copyright ORTEJ - Site réalisé sous SPIP avec le squelette Belier HRO. - Mentions Légales